La troisième journée dans le train commence vers 9h, le soleil est déjà haut dans le ciel et pour cause : il est midi en heure locale! En effet, bien que nous traversons plusieurs fuseaux horaires, l'heure affichée dans les gares et le train est celle de Moscou pour éviter toute confusion. Ce qui implique qu'une fois que l'on quitte une gare, il faut adapter sa montre à l'heure locale, qui est, du coup, nettement plus avancée.

Nous avons eu plus de chance cette fois à l’heure du déjeuner : pleins de vendeurs ambulants sur le quai ! Nous faisons provisions de patates bouillies à l’aneth, tomates, petits concombres et pirochkis (gros beignets fourrés à la purée de patates). L’arrêt suivant en gare de Novossibirsk dure près d’une heure, nous profitons de toilettes à peu près propres et achetons des gâteaux et du chocolat pour la suite du voyage. Il est à noter que les toilettes du train sont fermées 30 minutes avant l'arrêt en gare, et ne sont réouvertes que 30 minutes après le départ, ce qui peut parfois causer quelques problèmes, surtout lorsque les arrêts durent plus de 30 minutes…

Après un bon goûter, Maxime décide de faire une sieste en me demandant de le réveiller avant que la nuit tombe, les journées raccourcissent si vite ! J’écris quelques lignes et remarque une fillette derrière moi qui m’observe avec curiosité. Je lui propose quelques dragées ouzbèkes, elle me répond « niet spassiba » (non merci) et autre chose qui me fait deviner que sa babouchka est Rosa, rencontrée hier soir. J’écris mon prénom en latin et en cyrillique, elle m’imite. Elle s’appelle Darina et a 9ans. Un petit garçon d’environ 2 ans à qui j’avais offert des dragées la veille s’approche timidement, un doigt dans la bouche, je lui en offre à nouveau et tout comme la veille, il s’en saisit, puis court dans les jambes de sa mère un peu plus loin. Elle lui ordonne de revenir dire merci, sans succès. Je lui offre encore une petite grappe de raisins et cette fois il revient avec un paquet de friandises non identifiables (plus tard, nous saurons que nous aurons eu affaire à des curlys sucrés) de la part de sa mère qui me lance un sourire depuis sa couchette. Entretemps, deux jumeaux de 13 ans, Deniz et Ilya se sont joints à la petite tablée. Je réveille Maxime, amusé de me voir entouré de gamins et tous ensemble nous parlons du mieux que le permet notre non-connaissance du Russe, de ce que nous faisons, ce qu’ils veulent faire plus tard, les hobbies, les trajets…  Nous prenons des photos tous ensembles, échangeons les adresses mail pour les leur envoyer.

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Darina revient avec l’appareil photo de sa grand-mère pour un dernier cliché, et cette dernière nous offre encore de gros cristaux jaunâtres : il s’agit de sucre dont il faut détacher de petits morceaux avec les dents pour les mettre dans le thé.Il nous reste deux petits pots de confiture d’Alsace pour la remercier et Nina, toujours le sourire aux lèvres, nous fait signe de nous asseoir.

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Je leur présente Maxime, qu’elles n’ont pas vu la veille, il y a aussi un vieil homme, Sergio, qui descend comme nous à Irkoutsk. Nos échanges laborieux sont aidés par Tania, 22 ans, polonaise parlant couramment anglais et qui revient de quelques jours d’escalade au Kirghizistan. Au moment où Nina nous souhaite bonne chance pour la suite, nous décidons de prendre congé. Elle tape sur l’épaule de Maxime et dit quelque chose en russe que Tania nous traduit en riant : « you’re a very attractive man, I wish I were younger ». On se souviendra d'elle longtemps!

Nos discussions après le dîner sont interrompues par une nouvelle voisine de couchette qui nous fait signe qu’elle aimerait dormir…Il est 20h et fait déjà nuit depuis 2h, la descente à Irkoutsk la nuit suivante risque d’être dure.