Dans le hall d’attente de la gare d’Irkoutsk, il est 4h du matin, nous avons le cerveau brouillé par la fatigue, et achevé par la diffusion d’un navet américain des années 80 avec Chevy Chase, assorti d’un doublage russe des plus navrants.

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Nous restons un moment avec Goschya une jeune guide touristique polonaise, en vacances avec ses parents, qui nous indique comment se rendre à la gare routière où nous devons prendre un bus pour l’Ile d’Olkhone, à 300km de là.

Il est 6h, le temps est toujours moche, nous attendons le tramway pour le centre ville sur un banc, un jeune Russe s’assoit un moment pour discuter, un chauffeur de taxi insiste pour nous emmener au bord du lac « Baikal, Baikal ! », une femme vient lui mendier quelques roubles et Goschya nous traduit sa réponse :  « regardes donc, ils sont étrangers, pourquoi c’est à moi que tu demandes de l’argent ?! ».

Nous faisons un bout de chemin dans le tramway au lever du soleil, puis continuons à pied. Le dépaysement est au rendez-vous, les rues mêlent des trottoirs pavés en mauvais état à de vieilles maisons en bois sculptés aux volets peints et aux panneaux publicitaires colorés.

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Arrivés à la gare routière, nous achetons un billet pour Khoujir, la principale (presque la seule) localité de l’île où nous nous rendons et montons dans un car moderne et confortable. Il y a 6h de route, les forêts de pins s’effacent peu à peu devant des collines rocailleuses, dignes d’un paysage islandais.

On voit des aigles et des chevaux en liberté s’ébattre dans les prairies, la sensation d’immensité est grisante, et interrompue par un russe ivre que le chauffeur a laissé monté et qui, chantant, marmonnant puis ronflant a répandu le contenu de son mélange vodka-jus de fruits (ainsi qu'un peu du fond de son estomac) dans tout le bus.

Nous embarquons sur un ferry pour quelques minutes et arrivons une petite heure plus tard à Khoujir, étrange ville aux pistes sablonneuses, aux maisons en vieux bois sombre et vaches tapissant les rues de bouses.

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A la descente, deux vieilles femmes nous proposent une chambre, nous leur expliquons que nous allons chez Sergey, près de l’église.

Je crains d’être réductrice en expliquant qui est Sergey, voici donc un lien vers un article qui le fera bien mieux que moi :

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/A-Irkoutsk-pres-du-lac-Baikal-le-retour-de-la-flamme-orthodoxe-_EP_-2012-07-04-827142

Arrivés à l'église à l'extrémité de la ville, Sergey nous souhaite la bienvenue et nous présente l’étage de la maison où sont accueillis les voyageurs, une grande pièce avec 6 ou 7 lits, une plaque chauffante, et un bac d’eau à remplir avec un bidon pour la toilette. Ce soir nous partagerons la chambre avec deux Russes et une Israélienne, pas encore rentrés.

Il est près de 15h et nous n’avons pas encore pris de vrai repas depuis la veille, direction donc le « centre » du village où nous repérons un petit restaurant qui sert quelques plats chauds, un peu trop légers pour notre appétit. Il pleut beaucoup, l’ambiance est morose et l’endroit en est déprimant, nous prions pour qu’il fasse beau le lendemain…

Quelques emplettes dans le principal "supermarché" (en fait une petite épicerie) et nous retournons à Philoxenia où les russes sont rentrés :  ce sont deux amis de Sergey, Ivan et Artem, venus sur l’île pour quelques jours depuis Moscou. Nous discutons un petit moment, goûtons à quelques une de leurs sucreries, puis direction un restaurant du village pour un vrai repas, qui se sera fait attendre près d’une heure, pendant laquelle nous avons assisté au festin d’une famille russe digne d’un banquet d’Astérix chez les Belges. Pendant que nous reprenons des forces via de bonnes pommes de terre grillées, une femme vient vers moi en souriant et me dépose son bébé sur les genoux avant d’aller commander son plat au bar. Un peu surprise de sa spontanéité, je suis vite attendrie à la vue du gamin qui me tend un bonbon. Nous échangerons un petit moment avec la famille, ils nous conseillent même un restaurant pas loin d’ici pour goûter à de bonnes spécialités.

Vers 22h, nous rentrons au gîte, et discutons encore un moment avec nos camarades russes, bientôt rejoints par Meschi, Israëlienne voyageant seule depuis la Mongolie. Elle est pleine de vie, souriante, a plein d’histoires à raconter, le genre de personne qu’on aime rencontrer en voyage ! Itinéraires, anecdotes, coutumes locales, nous parlerons encore longtemps avant d’aller au lit.